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3 freins à l’installation en tiny house en France

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Vous rêvez d’adopter un mode de vie plus sobre tout en bénéficiant de la liberté qu’offre une tiny house ?

Vous êtes dans cette situation, mais quelque chose vous retient de franchir le pas ?

J’ai rencontré de nombreuses personnes qui aspirent à vivre en tiny house mais qui se heurtent à plusieurs obstacles.

Dans cet article, je décortique les 3 principaux freins à l’installation en tiny house en France. Je vous propose également des pistes de réflexion et des solutions pour concrétiser ce rêve.

Voici ce que vous découvrirez dans cet article :

  • Pourquoi la plupart des habitants de tiny house ne sont pas déclarés en mairie et vivent de manière pirate ?
  • 2 astuces pour réduire le délai d’attente afin de construire ou faire construire votre tiny house en France.
  • Pourquoi avons-nous choisi de vivre en tiny house, même en sachant que ce n’est pas l’hébergement écologique par excellence ?

Frein n°1 : L’attente d’un terrain avant de construire sa tiny house

C’est un vrai casse-tête. Pour obtenir l’autorisation de s’installer sur un terrain, il faut soumettre une demande à la mairie qui détient tout pouvoir de décision. Or, pour monter un dossier solide et persuasif, il est préférable de joindre des photos de la tiny house. Sans tiny, pas de terrain !

1. La Loi ALUR vous plonge dans l’incertitude

Sur le papier, la loi ALUR semblait offrir une lueur d’espoir pour les futurs propriétaires de tiny houses. Mais la réalité est tout autre. 

La loi ALUR laisse une liberté presque totale aux mairies, permettant à chaque commune de décider de sa propre politique d’accueil. 

On pourrait croire que cela faciliterait les choses. Mais non. 

Très peu de mairies osent ouvrir la voie à cette nouvelle forme d’urbanisation, rendant la quête du terrain beaucoup plus difficile. 

Résultat ? La plupart des personnes qui vivent en tiny house ne sont pas déclarées et vivent donc illégalement sur des terrains. Les mairies le savent et ferment les yeux. Beaucoup de tiny housers optent pour l’adage “vivons heureux, vivons cachés”, mais cela les empêchent parfois d’acheter un terrain et de se projeter sur le long terme pour créer quelque chose de plein pérenne.

2. Le serpent qui se mord la queue

Vous l’aurez compris : pour vivre légalement sur un terrain dans une tiny house en France, il faut obtenir l’approbation de la mairie. Mais attendez… il y a un hic.

La mairie veut souvent voir à quoi ressemble votre habitat avant de donner son accord. Si vous attendez d’avoir votre terrain pour construire votre tiny house, on vous dira qu’il faut montrer votre tiny house avant de vous donner l’autorisation de l’installer sur un terrain.

C’est comme demander un CV bien rempli pour un premier emploi : comment avoir de l’expérience sans avoir travaillé ? Ainsi, sans terrain, pas de tiny house. Sans tiny house, pas de terrain.

En ce qui nous concerne, nous avons décidé d’auto-construire notre tiny house avant d’avoir un terrain. Nous envisageons de louer un terrain temporairement, ce qui nous laissera le temps de chercher un terrain à acheter. La plupart des autoconstructeurs que nous connaissons ont opté pour cette solution. Louer un terrain à un particulier est peu contraignant et permet de prospecter plus sereinement auprès des mairies.

Frein n°2 : Les délais d’attente chez certains constructeurs

1. Pourquoi est-ce si long ?

Les constructeurs de renom – ceux qui vous font rêver avec leurs designs soignés et leur savoir-faire artisanal – sont très demandés. Par conséquent, le délai d’attente est parfois long. Cette attente nous rappelle que le rêve d’une vie plus simple ne se matérialise pas du jour au lendemain.

Mais l’attente peut parfois sembler interminable, surtout quand on est prêt à se lancer dans cette nouvelle aventure. Mais ce n’est pas tout. Pour les bricoleurs parmi vous qui envisagez l’autoconstruction, la situation est similaire. Trouver le lieu adéquat pour donner vie à sa vision est un parcours semé d’embûches, avec des espaces de construction rares et des délais tout aussi longs. Nous avons attendu 1 an entre le moment où nous avons trouvé le hangar où construire et le moment où nous avons commencé la construction.

2. Comment réduire ce temps d’attente ?

Alors, doit-on se résigner et attendre patiemment son tour ? Oui et non. La patience est essentielle, mais voici quelques pistes pour avancer malgré les obstacles.

  • Acheter d’occasion. Une Tiny House d’occasion a déjà une âme, une histoire, et elle pourrait être votre prochaine maison. Vous pourrez modifier légèrement l’aménagement en fonction de vos besoins. C’est le moyen le plus rapide pour vivre en tiny house.
  • Se tourner vers des constructeurs moins connus. Les constructeurs les plus réputés ont souvent des listes d’attente très longues, c’est vrai. Mais qu’en est-il des artisans moins connus? Ils sont nombreux, passionnés, et peuvent offrir une qualité tout aussi remarquable. Pour les trouver, le bouche-à-oreille est votre meilleur allié. N’hésitez pas à parler de votre projet autour de vous pour entrer à votre tour dans le petit milieu des habitants de tiny house. C’est comme ça que nous avons trouvé l’atelier où construire notre tiny house ainsi que l’architecte, spécialisée dans les tiny, pour nous accompagner pour les plans.

Frein n°3 : une tiny house n’est pas aussi écologique et bon marché qu’on le croit

1. Si le budget est votre priorité, alors ne choisissez pas une tiny house

Les tiny houses sont souvent perçues comme un logement très abordable et écologique. 

En réalité, le fait qu’elles soient construites sur remorques (et donc soumises à des contraintes de poids et de taille) les rendent : 

  • plus cher au m2 que d’autres maisons en bois ou habitat léger. Une tiny house sur remorque à 10 000 euros est un mythe. En revanche, une cabane fixe ou un dôme à ce prix, c’est déjà plus réaliste. 
  • moins écologique car la faible épaisseur des murs réduit drastiquement leur inertie. Si vous cherchez un logement bioclimatique par excellence, alors le earthship ou les maisons bois-terre-paille devraient plus vous intéresser plus que la tiny house. 

2. Alors, pourquoi choisir une tiny house si elle n’est pas aussi écolo et bon marché qu’on le croit ?

La réponse, pour moi, réside dans la mobilité. Non, pas pour voyager mais pour pouvoir s’adapter plus facilement à la crise climatique qui vient. 

Nous souhaitons également à l’avenir rejoindre un collectif, ou bien en créer un. Une tiny house nous offre cette flexibilité d’aller là où les rencontres nous portent. Car créer quelque chose de collectif c’est avant tout une question d’humain. 

Oui, une cabane fixe pourrait être plus simple à construire, plus durable et certainement moins coûteuse, mais il manquerait cette liberté de mouvement qui me rend infiniment plus sereine face à l’avenir. Et pour beaucoup d’entre nous, cette flexibilité, même si elle est payée au prix fort, en vaut la peine.

En conclusion, une tiny house est loin d’être la solution parfaite pour tout le monde. Mais pour ceux qui valorisent l’adaptabilité et la mobilité, c’est une option qui mérite réflexion.

Partagez-moi en commentaire les freins qui vous empêchent de vivre en tiny house en France !


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